Article de Denis Dréan paru dans le dernier magazine Tohu Bohu

« Depuis mai dernier, Google a lancé son service de musique en ligne. Aujourd’hui encore, il n’est toujours pas accessible pour l’internaute, pourtant possesseur d’un compte Google, qui tenterait de s’inscrire à partir d’un pays autre que les Etats-Unis.  Cependant, sans être un informaticien chevronné, une connexion momentanée au travers d’un proxy légal américain, suffira à passer outre cette interdiction et bluffera le service du géant américain. Celui-ci en est certainement pas moins dupe, en effet c’est un secret de polichinelle, mais soyez tout de même conscient que vous violerez au passage les termes des conditions d’utilisation. Par cette pseudo-restriction, Google se protège et veut tout simplement rassurer l’industrie du disque. Celle-ci, inquiète, guette tel le lait sur le feu, la moindre initiative du site américain. D’autres, on le sait désormais, se sont laissés surprendre. L’exemple le plus comparable est assurément le cas Google Books, qui fut pour le monde de l’édition et son réseau de distribution, le début de gros tracas.

L’étape de l’inscription étant franchie, la restriction géographique disparaît, il reste donc à tester la solution tant attendue. Tout d’abord le site est en révision « Beta », ce qui revendique, dans le langage 2.0, le premier signe d’un projet considéré comme non-abouti par l’éditeur. D’ailleurs Google se garantit de toutes éventualités pour ses futurs choix, de maintenir ou non le contenu en l’état et que l’accès demeure gratuit, en partie ou globalement.

Google Music en quelques lignes, c’est la promesse de stocker dans son cloud votre propre musique (légalement acquise), dans un espace de 100 Go dans la limite de 20000 titres, soit un potentiel de quelques dizaines de milliers d’heures d’écoute. Côté look, on retrouve bien la patte du leader, design épuré et sobre, bref, efficace. Quatre zone découpent l’interface.  La plus haute avec logiquement son champ de recherche, pour fouiner dans votre audiothèque. Celle de gauche pour naviguer par catégories telles que vos dernières acquisitions, les titres, les artistes, les albums et bien sûr vos playlists. Votre préférence à l’un de ces critères modifiera le contenu de la zone droite. Celle-ci étant aussi plus grande, elle vous permettra d’affiner votre recherche par de simples clics sur les pochettes ou autres liens. Puis, dans la partie basse de la fenêtre, vous trouverez la série de boutons classiques d’un lecteur audio, qui permettront enfin l’écoute en streaming de vos choix. Quelques secondes vous suffiront à mesurer le potentiel de l’offre, la philosophie de Music est d’ailleurs tout autant respectée pour l’interface plus « light » affichable par un smartphone.

La source principale pour alimenter votre espace sera avant tout, comme indiqué plus haut, vos fichiers audios personnels. Ils se devront d’être aux formats MP3, AAC (M4A), OGG, WMA, FLAC et l’upload ne leur fera subir aucune re-compression. Ils conserveront donc leur qualité lors de la lecture. Avant tout, vous devrez installer le logiciel Music Manager, normalement fourni via le site, mais à cause de la limitation que l’on sait, une petite recherche sur Google s’imposera pour le dénicher facilement. Sa mise en oeuvre rapide vous conduira esnuite à choisir le(s) dossier(s) contenant les fichiers que vous souhaitez émettre, de façon automatiquement classifiés dans le respect des tags dûment renseignés au préalable, sinon, une édition de ceux-ci sera toujours possible par l’interface.

L’autre source proviendra de Google Music lui-même, qui, par l’intermédiaire de son blog Magnifier et certainement en partenariat avec les labels, vous proposera régulièrement des titres gratuits, en respect de vos goûts (modifiables), exprimés à l’inscription. Il n’est pas admis de les télécharger, encore moins de les partager avec un tiers, seul une redirection vers les sites marchands est possible. Cela montre bien que Google avance à petits pas pour ne pas froisser le milieu du disque déjà à cran, avant d’étendre son service au reste de la planète. »

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