LA CULTURE VA-T ELLE PASSER L’ARME A GAUCHE?

C’était la question que posait Hervé Gardette (émission du Grain à moudre, sur France Culture), lundi dernier.

L’occasion de faire le point sur cette rentrée politique chamboulée par les différentes annonces de la Ministre de la Culture, Aurélie Filippetti et d’avoir un autre éclairage sur les enjeux et les attentes des acteurs du terrain grâce aux invités de l’émission: Nicolas Roméas (Revue Cassandre), Jean-Michel Ribes (Théatre du Rond-Point et soutien de François Hollande), Eric Petrotto (CD1D) et Alain Van der Malière (conseiller spécial au Ministère de la Culture).

Voici l’introduction de l’émission ci-dessous, que vous pouvez écoutez en intégralité ici.

« Bien sûr, il y a la crise. Le très gros effort budgétaire auquel l’Etat va devoir se soumettre pour réduire ses dépenses : 10 milliards d’euros. Bien sûr, l’argent ne fait pas tout, et certainement pas dans le domaine de la création artistique. Mais s’il y en a bien un qui semblait devoir échapper aux grandes cisailles de la rigueur sous un gouvernement de gauche, c’est celui de la culture.

Il faut se souvenir de Martine Aubry, alors candidate aux primaires du PS, plaidant pour une augmentation de 30 à 50 % du budget de la culture (environ 1 milliard d’euros tout de même). Il faut se rappeler des promesses répétées de François Hollande, devenu candidat, en faveur d’une sanctuarisation de ce budget.

On en est loin désormais. L’enveloppe de la mission Culture était de 2,54 milliards d’euros en 2012.

Il ne sera que de 2,43 milliards en 2013 : une baisse de 4,3%. De 7,5% même à l’horizon 2015. Ajoutez à cela l’abandon ou la suspension (ce qui revient souvent au même) de plusieurs projets initiés par le précédent gouvernement, comme Lascaux 4, le Centre national de la musique ou la Maison de l’Histoire de France…comme on pouvait le lire ce week-end dans le journal Le Monde : « même la droite, réputée moins généreuse, n’avait jamais osé »

Depuis, Aurélie Filippetti s’évertue à justifier des orientations qui lui semblent avant tout dictées par ses collègues de Bercy. « J’ai choisi » disait-elle encore aujourd’hui « de mettre un terme à une vision qui considérait trop souvent qu’une grande politique culturelle consistait en une succession de grands projets, de grands travaux et de grandes dépenses » De quoi faire tousser chez les Mitterrand. »